Pùcon – Chili

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C’est le dernier volet de cette belle aventure au Chili. Après Santiago et Valparaiso, j’avais besoin de grands espaces. Le Street art est quelque chose que j’affectionne particulièrement mais l’aventure aussi. Après un court passage dans Valparaiso et ses murs peints (http://www.anotherlife.fr/chili-valparaiso/), j’ai pris le bus pour 10h de trajet. Je l’ai pris de nuit afin d’optimiser au maximum mon temps sur place. Comme je l’ai dit dans un précédent article, les trajets prennent beaucoup de temps ici au Chili car le pays est allongé. J’ai choisi le bus par manque de budget mais l’avion est possible et plus rapide.
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Le réveil fut paisible à un peu plus d’une heure de la destination sur Pucon. Deux grandes villes sont les villes d’accueil dans ce coin, Villarica et Pucon. On y voit au loin le volcan de Villarica avec son cratère blanc de neige et son sommet qui fume. Le volcan est en effet encore en activité. Les coins me font beaucoup penser à La Palma lorsque j’y étais allé pour la Transvulcania. 
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Ici, à Pùcon, c’est le paradis du outdoor. Rafting, canyoning, rando, trail, alpi, beaucoup de choses sont proposées lorsque j’ai posé les pieds. C’est même trop, on se sait pas par quoi commencer, où aller voir. En fait, tout le monde propose les mêmes activités et il est difficile de choisir entre le prestataire et l’autre à dix mètres a côté. Ils sont tous dans la rue principale et même dans les rues perpendiculaires. Tu t’aperçois après la première sortie qu’ils ne sont que prestataires et ne touchent pas trop aux activités extérieures. C’est dommage car au final, ils te relatent ce que fournissent les vrais prestataires mais sans avoir pratiqué. J’étais étonné par le manque de connaissances. J’ai peut- être mal choisi mon lieu; je l’ai choisi par facilité car les gars parlaient français. Comme quoi, il faut souvent aller plus loin, je ne suis pas sorti de ma zone de confort sur ce coup là. Au final, pas de touche perso, en gros tu prends un pourcentage inutile sur ton prix alors qu’il aurait été mieux de prendre un guide directement et plus au courant des expés du coin. 
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En dehors de ce hic et cette erreur de touriste de base, j’ai pu jouer à d’autres jeux que du running. Le spot de Pùcon est au bord d’un lac avec pas mal de constructions en cours car la demande est grande. Le tourisme est en forte expansion. C’est assez paradisiaque ici, un lac, un volcan au loin, du calme et une végétation hyper abondante. J’ai pu faire quelques footing de récupération après ma course à Santiago (http://www.u-run.fr/67638-trail-adidas-terrex-santiago-le-recit-de-yoann-stuck). Je vous conseille de rester dans la ville et d’éviter de prendre les chemins assez éloignés car les chiens sont libres près des habitations, et les habitations n’ont pas de clôtures. Les chiens sont comme les boeufs argentins, bien bâtis… Après deux runs avec des frayeurs, je suis resté en ville pour faire du rythme. Les chiens errants sont beaucoup moins agressifs même s’ils sont plus nombreux. Ca ne m’a pas gêné à prendre beaucoup de plaisir et à voir de magnifiques paysages sur mes escapades extra urbaines. J’ai donc fait du tempo pour mes dernières sorties ici.
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En dehors du running, j’ai pu faire du rafting en belle combo moulante. Une belle expérience pour découvrir les lieux à l’extérieur de la ville. J’ai pu encore contempler le volcan au loin et les crêtes autour de moi. J’étais sur l’eau mais je rêvais des sommets en haut. Le coin était magnifique. Les eaux n’étaient pas hautes, les rapides moins excités donc la promenade fut soft malgré quelques passages dans la flotte. C’est à ce moment où tu te sens faible a côté de la nature. Tu n’es plus rien une fois que tu es en dehors de ton bateau et dans un rapide, et là, ton destin est dans ses bras. C’était excellent de pouvoir partager ça. L’outdoor, c’est la vie.
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Les découvertes autour et cette vue du Volcan était trop tentante. Le rendez vous était pris avec Agua Aventura et les guides du coin. C’était cool, la première montée fut en shoes de rando, bien rigides, une première pour moi, j’aurais tellement voulu rester en shoes de trail… Je n’ai pas eu le droit et pourtant c’était tellement accessible avec, mais les non connaissances sur les conditions climatiques et du terrain de notre prestataire fut encore vérifiés. Et je fus obligé de suivre les règles.
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On était pas mal à monter jusqu’au sommet du volcan. La première ascension s’est faite soft par les chemins volcaniques avant d’attaquer la partie de neige. J’ai pu sympathiser avec les guides et on a bien rigolé sur la montée. Sincèrement, la montée est accessible à pas mal de monde si tu décides de te faire accompagner car le rythme est bien régulier et lent. En mode actif, ça peut être marrant, je le ferai peut-être le prochain coup en tentant une ascension très rapide et à pic, où les crampons auront une vraie utilité. 
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En tout cas, la vue environnante était à couper le souffle, même si il y avait du monde, tu te sentais libre. Cette aventure était vraiment belle. J’ai pu voir d’anciennes coulées de lave causées par d’anciennes éruptions, des sommets encore plus haut d’où j’étais, des chaines de volcans limitant la frontière entre le Chili et l’Argentine. La Patagonie m’attire beaucoup, j’ai pu l’observer de loin avant d’y aller réellement dessus. C’est un objectif de voyage, peut être pour une course. Si je retourne au Chili, ce sera sans doute ici ou dans le désert d’Hautacama.
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La montée était cool, j’ai pu prendre pas mal de photos pendant les pauses, discuter encore avec les guides, parler sur leur job quotidien. Ici aussi, tu te rends compte que la vie est simple et que l’on se satisfait de peu. C’est ça le plus beau au final. Quand tu entends ça avec un panorama exceptionnel, tes pensées changent et tu n’as plus envie de rentrer chez toi.
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A 200m du cratère, il était interdit de monter plus haut sans le masque qui allait nous protéger du souffre et d’autres gaz qui se dégageaient du fond du volcan. Je sentais vraiment l’odeur puissance, même avec le masque. Voir de la lave en fusion et de la neige autour montraient des conditions totalement inversées. Cinq minutes était le temps à respecter en haut et on devait alors redescendre aussi. Pour la sécurité de chacun, car il y avait trop de groupes qui arrivaient, je ne sais pas. En tout cas, la vue fut magnifique, c’était hostile et unique. Je garderai ce spot en mémoire à jamais.
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Dans notre sac, on avait du matos bien costaud et lourd mais juste pour une chose, la descente en luge du volcan… Et un simple luge pelle dedans. C’était easy, des couloirs avaient été fait pour notre descente. Ca descendait bien, on avait juste notre piolet comme frein. Il fallait bien l’utiliser car pour la montée, il était plus là « au cas ou » que pour autre chose. On pouvait aller vite, se faire plaisir et prendre un peu d’adrénaline. Ce fut le cas pour la dernière descente où j’ai pu prendre plus de vitesse au dépend de mon cul de et de mes côtes, car j’atterris dans les pierres car il n’y avait plus de neige. Au final, j’ai encore mal après plus d’un mois. Je me suis bloqué une côte fixe et j’ai dégusté à cause de l’hématome. Du coup le retour aux entrainements a été dur et compliqué. La saintéLyon s’est faite avec les moyens du bord… Mais c’était un sacré kiffe.
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Après cette belle expérience jusqu’au sommet du Volcan Villarica, il fallait bien se régénérer. Après un petit run dans le centre de Pucon pour tourner les jambes, j’ai pu tester encore des mets du pays et surtout le bon vin rouge du pays et quelques bières. Le Carminère par exemple est un vin fort, ressemblant pas mal au Cahors mais avec plus de cachet. L’intérêt d’en ramener en France et pour le faire tester aux gens qui aiment le bon vin et surtout car le Chili ne l’exporte plus. Donc, si je vous en sert à la maison, c’est que je vous aime bien.
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En dehors de Ceviche, le saumon se mange à foison. Apres un voyage en Norvège, je me suis rendu compte que les vikings ne sont pas forcement les plus grands consommateurs de ce bon acide gras. Bien au contraire. Tu as le choix entre braisé ou frits (comme la plupart des plats ici). Il est bon, ça te change de chez toi, et tu n’en redemandes pas tellement c’est qualitatif et surtout quantitatif. Il a de tout à manger, viandes, poissons, j’ai même trouvé un resto végétarien bon marché et plaisant. En cherchant bien, tu trouves de tout, et à tous les prix.
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Finalement, quand tu vas à Pùcon, même si tu te dis que le business est présent ici vis à vis du mec qui ne connait pas trop et qui va mettre l’argent pour se sentir en confiance, tu peux gérer autrement même sans connaitre les lieux. Tu prends un camping, tu as un bon emplacement pour ta tente, pour manger paisiblement, tu peux te laver à l’eau chaude en respectant les horaires. Tu peux bien manger à pas mal de bonnes adresses sans que ce soit onéreux. Et finalement pour tes sorties en dehors de la ville, tu contactes un guide directement pour le volcan par exemple, et pour les autres activités, tu gères avec les gars qui organisent en direct les activités. Car finalement, tu payes une blinde pour des gens qui ne connaissent rien et surtout qui ne prennent pas le temps de t’accompagner, par contre, pour te vendre du rêves, tu en auras pour ton argent. Vive les guides, et vive les locaux.
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C’était vraiment un sacré kiffe cette région de Pùcon, j’ai même tiré derrière Villarica pour une après midi bien être. C’était un passage obligatoire, les thermes Geometricas. C’est simple, quand tu arrives sur le spot, après 2h de camionnette en partant de Pùcon, tu poses ton sac, tu prends ta serviette et tu te détends. Tu as une dizaine de thermes où chacune a une température différente. L’eau chaude du volcan est gérée pour attendre des températures allant de 35 à 41 degrés. Tu peux même gérer des passages en eaux froides à 8 degrés. Les sensations sont bonnes, le coin est magnifique, paradisiaque. C’était le meilleur moyen de partir d’ici en toute tranquillité et de la plus zen des manières. J’étais vraiment posé en sortant de là. La régulation de la température est simple, c’est un mélange d’eaux bouillantes avec des eaux froides venant d’une autre source. Le résultat est divin.  
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Ce que nous offre la nature est exceptionnel. Ici à Pùcon j’ai pu une nouvelle fois vivre des instants magiques. Notre planète est un trésor et de moins en moins de personnes s’en rendent compte. Je suis là pour partager mes voyages, mes découvertes mais aussi pour mettre en avant le danger qui arrive si nous ne respectons pas certains codes pourtant si simples. Avec des choses simples et écoresponsables, le monde peut changer.
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